August 15, 2012
Marie-Eve Lamothe-Gascon
Guatemala
Il y a deux semaines, ayant déjà effectué la première moitié du projet, nous avons dû dire adieu aux communautés et au personnel de Comitancillo avant de déménager à Todos Santos, où l’on travaillera pour les quatre derniers mois.

À peine arrivée à Todos Santos, je suis déjà en mesure de dire que j’adore ce village. Situé dans une vallée au milieu de la Sierra de los Cuchumatanes, la chaîne de montagne la plus haute d’Amérique Centrale, Todos Santos semble tout droit sortir d’un film d’une autre époque, avec ses vues de rêves et ses habitants vêtus de costumes traditionnels flamboyants. Si Todos Santos se situe au creux des montagnes et beaucoup plus bas que l’altiplano, c’est-à-dire les plaines surplombant le dessus des montagnes, le village s’élève tout de même à 2 400 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le climat est donc toujours frais ici, pour ne pas dire vraiment froid, surtout lorsqu’il pleut! Petit village à flanc de montagne, on s’y promène en montant et en descendant les ruelles bordées de petits commerces et l’on se fait saluer par les innombrables femmes qui tissent sur le balcon devant leur maison. Le tissage fait partie intégrante de la vie des habitants d’ici puisque tous leurs habits traditionnels sont tissés à la main, autant ceux des hommes, des femmes que des enfants. Il s’agit donc d’une activité économique qui permet principalement aux femmes d’obtenir un revenu supplémentaire et qui apporte un soutien financier additionnel à la famille.

S’il est vrai qu’il s’agit toujours du même pays, de la même culture et de la même langue, tout ici semble complètement différent. Contrairement à Comitancillo, où les communautés autant que les employés sont très réservés, ici les gens sont incroyablement accueillants. J’étais à peine arrivée depuis deux jours que j’avais déjà plus d’invitations que je ne pouvais en accepter! Aller faire des randonnées, aller manger chez différentes personnes, apprendre à tisser… J’en ai d’ailleurs accepté quelques-unes, ce qui fait en sorte que j’apprends maintenant à tisser un foulard!

Finalement, après deux semaines de travail ici, je suis également en mesure de constater que bien que le travail à Todos Santos soit plus ou moins identique à celui de Comitancillo, il est toutefois plus difficile à exécuter dû à une barrière de langage importante. Étant beaucoup plus loin de toute grande ville importante, les communautés qui entourent Todos Santos parlent toutes Mam, leur langue maternelle, et très peu espagnol, ce qui complique beaucoup le travail auprès de ces communautés. Toutefois, malgré les difficultés de communications, c’est un peuple avant tout accueillant, ouvert, curieux et chaleureux que j’aurai le bonheur de côtoyer durant les prochains mois…
